@Percevoir l’Ouvert pour arpenter son Ciel

vendredi 15 janvier 2010

outre-monde


Elle évoquait un monde qui s’écroule et périclite docilement.

Absurde et impuissante, en proie à ses fissures,

elle devinait son ombre sur la toile qui oscillait dangereusement, prête à tomber, à tout instant, celle-ci s’allongeait et se rétractait dans une pulsation éphémère qui laissait envisager la persistance d’une humanité probable.

Subissait la mémoire perdue de sa propre vie, l'oubli de sa propre image, si elle en était arrivé à l’oublier, comment pouvait-il en être autrement du reste?

Donner la parole aux choses anonymes et muettes, les percevoir belles et durables mais pourquoi se volatilisaient-elles sitôt qu'elle les avait tenues, pensées, ces espaces morcelés et insulaires, sans pont possible, prisonniers de leur individualisme et de leurs fêlures.

L'ocre brun attestait la fermeté du sol, on se dit que cela va
de soi, fantaisie, cruelle parfois, la couleur comme métaphore, le mélange des teintes de ces terres mêlées l'entraînaient au delà de toutes résignations.

Peindre , elle devrait s'efforce
r de rendre cette symphonie humaine. Par contraste avec un ciel comme solidifié, le paysage par endroit assombri perdait sa substance comme un monde qui se consume, se consomme et s'étale sans frontière, ce n'était plus vraiment tout à fait un monde, plus d'ici...

Les formes jaillissantes comme autant de points d'accroche pour fixer quelque chose n'étaient que révélations du passé, tirées d'un effet de matière autant que de lumière et s'auto-engendraient, coagulées en larges plissures verticales d'or vieilli à la vitesse lente mais inexorable de l'oubli, un abîme en dessous.

Saisir l'instant … Une faille vortex allait s’ouvrir aussitôt, par laquelle le tableau serait happé et se viderait tout entier pour se répandre partout et nous noyer dans sa marée d’outre-monde.

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